Histoire

L’artillerie canadienne compte sur les chevaux pendant la Grande Guerre

15 avril 2023

Maj Melissa Marshall - Garrison Edmonton Warriors - 2022 Women's Slo-Pitch nationals
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Venessa Léger

Spécial Stag

Le Musée RCA présente deux chevaux grandeur nature d’apparence réaliste qui attirent souvent l’attention de nombreux visiteurs.

L’un de ces chevaux est accompagné d’un artilleur vêtu d’un uniforme militaire canadien de 1905, ce qui montre à quel point les liens entre le cheval et l’armée remontent loin dans le temps.

La preuve de ces liens se retrouve également dans les noms de certaines unités honorant ce puissant animal, comme le Royal Canadian Horse Artillery (RCHA) et le Lord Strathcona’s Horse Regiment, pour n’en citer que quelques-uns.

Les unités contemporaines d’artillerie à cheval ont commencé à se former au XVIIe siècle dans différentes parties du monde. Dans ces unités, les animaux tiraient des canons légers ou des obusiers attachés à des attelages à deux roues, appelés avant-trains et caissons – les premiers étant conçus pour soutenir la traînée du canon et les seconds pour transporter les munitions.

Le principal avantage de l’artillerie hippomobile était la rapidité, car les hommes qui conduisaient les chevaux étaient en mesure de contrôler le mouvement du canon et de l’affût pour les placer rapidement à l’endroit exact souhaité, et d’effectuer rapidement les ajustements nécessaires à la position de tir.

Les soldats dételaient les chevaux et les amenaient à l’arrière, loin des canons, avant de tirer sur l’ennemi. La plupart des hommes de ces unités étaient à cheval et soutenaient les unités de troupes montées.

Au cours des guerres passées, les chevaux ont joué un rôle essentiel dans l’artillerie et le transport. Pendant la guerre des Boers (1899 – 1902), le Canada a fourni au Corps expéditionnaire canadien (CEF) des troupes montées et 50,000 chevaux.

Au cours de la Première Guerre mondiale, le pays a envoyé environ 130,000 chevaux à l’étranger. Pendant la Grande Guerre, l’armée a utilisé des chevaux de trait, terme qui désigne les grands chevaux de trait.Les Clydesdales étaient une race populaire et fiable. Les hommes utilisaient la paume de leur main pour mesurer la taille des chevaux, une pratique encore utilisée aujourd’hui dans certains pays. Les chevaux de trait légers étaient utilisés pour transporter des fournitures, des chariots et des ambulances. Ils mesuraient 15 à 16 « mains » et pesaient jusqu’à 1 200 livres. Les chevaux de trait lourds, quant à eux, mesuraient plus de 16 « mains », pesaient plus de 1,500 livres et tiraient des canons plus lourds.

Le gouvernement canadien a acheté ces chevaux et les a logés dans des Remount Depots, où ils ont subi un entraînement et une acclimatation poussés afin de mieux les préparer à l’atmosphère hostile qu’ils allaient bientôt devoir affronter à l’étranger. Les Remount Depots travaillaient en collaboration avec le Corps vétérinaire royal de l’armée canadienne, qui fournissait des soins médicaux aux animaux.

Les historiens négligent souvent le rôle des chevaux dans l’armée, mais leur importance est considérable. Les machines de transport disponibles pendant la Grande Guerre étaient inutiles sur les routes notoirement boueuses du front occidental.

Les chevaux transportaient les armes, les munitions et le ravitaillement sur un terrain accidenté. En raison de la guerre des tranchées, il était presque impossible pour l’armée d’utiliser les chevaux dans la cavalerie, et elle les utilisait donc principalement pour le transport.

Les chevaux qui ont survécu à la Première Guerre mondiale ont enduré des conditions terribles : espaces exigus, environnement humide, exposition aux gaz toxiques, maladies, bombardements et famine.

Il est intéressant de noter qu’en 1943, une militante britannique pour le bien-être des animaux, Maria Dickin, a créé une médaille spéciale pour reconnaître et commémorer l’importance des chevaux dans l’effort de guerre.

Cette récompense, connue sous le nom de « Croix de Victoria de l’animal, » met en valeur les chevaux courageux et d’autres créatures, parfois à titre posthume, pour leurs « actes exceptionnels de bravoure ou de dévouement au devoir. »

La mécanisation de l’armée, qui s’est faite progressivement jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, a réduit le besoin de chevaux. En 1933, les véhicules motorisés et l’artillerie automotrice ont commencé à remplacer les chevaux.

Actuellement, les seuls chevaux de l’armée sont attachés à des unités cérémonielles telles que le Lord Strathcona’s Horse à la garnison d’Edmonton (Alberta) et le Governor General’s Horse Guards à Toronto (Ontario).

Bien que l’armée canadienne n’utilise plus de chevaux en service actif depuis plusieurs décennies, il est impossible de les dissocier de la guerre. Ils méritent le respect pour leur précieuse contribution aux efforts de guerre et la reconnaissance des épreuves qu’ils ont subies.

Les chevaux ont été utilisés dans de nombreuses guerres antérieures, de la guerre des Boers à la Grande Guerre. La mécanisation de la Seconde Guerre mondiale a entraîné le déclin de l’utilisation des chevaux. Le musée de l’ARC expose deux chevaux à la BFC Shilo. Photos Jules Xavier/Shilo Stag et archives du musée de l’ARC

 

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