Une photo dans un classeur raconte une partie de l’histoire de l’intégration complète des femmes dans les FAC. Les photos montrent des soldats à l’automne 1988 lors de l’entraînement de la troupe McNaughton à la BFC Shilo. (Photo : K-J Millar/Shilo Stag News)
K-J Millar
Shilo Stag Media
Bien que les femmes occupaient des postes restreints au sein des FAC depuis plus de 100 ans, ce n’est qu’en 1989 qu’elles ont été pleinement intégrées dans toutes les armées et les rôles des FAC.
Il a fallu que quatre femmes militaires déposent une plainte devant le Tribunal des droits de la personne en 1988 pour qu’elles soient considérées comme les égales de leurs homologues masculins et que la pleine intégration des femmes ne se produise.
Or, fait peu connu, la BFC Shilo avait déjà réalisé cette intégration un an plus tôt avec la
Troupe McNaughton 8809 (F).
Ce n’est qu’en septembre dernier, en fouillant dans les archives et les photographies du
Musée de l’Artillerie royale canadienne (ARC), que le directeur, Andrew Oakden, a
déniché une information importante, qui s’est avérée précieuse pour le Mois de l’histoire
des femmes en octobre. Cette information a failli échapper à M. Oakden, qui avait
trouvé un cartable l’été dernier et l’avait mis de côté en prévoyant d’y revenir plus tard.
En effet, caché dans les archives du musée se trouvait un cartable noir usé, d’une
épaisseur de 10 cm et contenant plus de 140 images de recrues qui s’entraînaient à
l’École de combat de l’ARC à l’automne 1988.
Aux dires de M. Oakden, à première vue, le cartable ne semblait être qu’un « dossier
typique » sur les exercices en campagne, mais un détail extraordinaire lui a rapidement
sauté aux yeux.
« Sur les photos était immortalisée l’arrivée des premières femmes artilleuses au sein
de l’Artillerie canadienne », a-t-il affirmé.
Les photos retracent l’histoire de la Troupe McNaughton 8809 (F) et racontent
l’instruction de 12 semaines, du 15 août au 4 novembre 1988, qu’elle a suivie à la BFC
Shilo.
« Pour la première fois, des femmes suivaient la qualification des armes de combat aux
côtés de leurs homologues masculins de l’Artillerie canadienne », a fait valoir
M. Oakden.
Trente-deux recrues francophones, dont cinq femmes, ont suivi le NQ3 « exigeant » de
l’artillerie de campagne.
Ces cinq femmes ont maîtrisé le maniement d’armes légères, comme le fusil C7 et la
mitrailleuse C9, et sont ensuite passées au champ de tir de grenades, puis aux armes
antichars, pour enfin se retrouver parmi le personnel du secteur des pièces de
l’obusier C1 de 105 mm.
Les anciens clichés montrent des femmes pleinement intégrées dans l’équipe de leurs
compagnons d’armes masculins : on les voit en train de marcher, de creuser, de tirer, et
faisant partie intégrante de la troupe de soldats.
L’entraînement, qui durait trois mois, est demeuré tout aussi exigeant au fil des
semaines. On voit sur les photos, de la manipulation de munitions, des simulations de
combat, des exercices de tir réel et de longues marches avec sac à dos dans le froid
glacial des Prairies.
« Les femmes portaient les mêmes charges et faisaient face aux mêmes risques que
les hommes, et elles ont prouvé sans l’ombre d’un doute qu’elles avaient leur place
dans les armes de combat », a expliqué le directeur du musée.
Ce cartable est essentiel à l’histoire de la pleine intégration des femmes dans les FAC,
mais il permet également de préserver de riches moments historiques.
Les photos en couleur annoncent le moment où le lieutenant-colonel Hoyland remet
l’insigne de coiffure de l’ARC aux toutes premières diplômées de l’ARC durant le
premier exercice de tir réel des soldats avec l’obusier.
« Les images montrent à la fois la cérémonie et la célébration de femmes et d’hommes
unis, qui ne sont plus des recrues, mais des artilleurs », a indiqué M. Oakden.
Les cinq femmes, accompagnées de leurs 27 camarades masculins, ont obtenu leur
diplôme et ont défilé sur le terrain de parade le 4 novembre 1988.
« La redécouverte de ces photographies nous rappelle que l’histoire se cache souvent
sous nos yeux. »
Les Forces armées canadiennes ont officiellement ouvert tous les groupes
professionnels militaires des armes de combat aux femmes en 1989; cependant, les
moments historiques immortalisés sur pellicule montrent que la BFC Shilo avait déjà
créé un précédent un an plus tôt.
« [La réussite de ces femmes] a prouvé que l’intégration était à la fois pratique et
efficace. Ces femmes n’étaient ni des spectatrices ni des symboles – elles étaient des
soldates, entraînées, éprouvées et membres à part entière du personnel du secteur des
pièces. »
Après avoir obtenu leur diplôme, tous les membres de la troupe ont été affectés au
5 RALC, à Valcartier.
Andrew Oakden, directeur du musée RCA, examine les photos et les classeurs qu’il a trouvés dans les archives de la troupe McNaughton en 1988, lorsque les premières femmes artilleuses ont été formées à la BFC Shilo. (Photo : K-J Millar/Shilo Stag News)
Une photo dans un classeur raconte une partie de l’histoire de l’intégration complète des femmes dans les FAC. Les photos montrent des soldats à l’automne 1988 lors de l’entraînement de la troupe McNaughton à la BFC Shilo. (Photo : K-J illar/Shilo Stag News)
Une photo conservée dans un classeur au Musée RCA raconte une partie de l’histoire de l’intégration complète des femmes dans les FAC. La photo montre un soldat de la troupe mixte McNaughton s’entraînant à la BFC Shilo à l’automne 1988. (Photo : K-J illar/Shilo Stag News)


