K-J Millar est rédactrice en chef du CFB Shilo Stag. Elle a commencé sa carrière dans les médias, en s’inspirant des modèles féminins autonomes et des femmes influentes. Bien que sa carrière militaire ait été écourtée, l’influence de ses pairs a permis à cette photographe et journaliste dix fois primée de transmettre son savoir aux nouveaux reporters, en les aidant à se renforcer dans tous les domaines. #GivetoGain. (Photo : Dallas Rudkavitch pour Shilo Stag)
K-J Millar
Shilo Stag Media Editorial
À l’extérieur du cadre, #DonnerPourRecevoir, Journée internationale des femmes,
8 mars
À l’âge de 12 ans, je savais déjà ce que je voulais faire quand je serais grande. J’ai
toujours eu en tête deux carrières : écrivaine ou membre des forces armées, de la
marine, plus particulièrement. Idéalement, si je pouvais combiner les deux, je pensais
que ma vie serait toute tracée. Mes choix de carrière n’appartenaient qu’à moi. Je n’ai
été influencée ou poussée vers aucune voie ou démarche particulière par qui que ce
soit. Du moins, c’est ce que je pensais ou ce qu’on m’avait laissé croire.
Avec le recul, en 2026, je me rends compte que j’ai été élevée à une époque où les
choix de carrière des femmes n’étaient pas vraiment des choix, mais une sélection
proposée par la société patriarcale, emballée dans une boîte ornée d’une belle boucle.
En tant que jeunes filles entrant dans l’âge adulte, nous devions choisir parmi le
contenu de la boîte qui nous était offerte et qui était accompagnée d’une carte sur
laquelle était généralement écrit : « Les filles peuvent tout faire ». Ce qui aurait plutôt dû
être inscrit, c’est : « Les filles peuvent tout faire, mais dans certaines limites ».
La Journée internationale des femmes est célébrée dans le monde entier, dans de
nombreux pays et de différentes manières. C’est un jour férié en Europe de l’Est, en
Asie et dans certains pays d’Afrique. Ce n’est pas le cas dans les pays occidentaux, en
Grande-Bretagne et en Amérique du Nord. Je ne sais pas pourquoi. Cette journée est
reconnue depuis le début des années 1900 et a été officialisée par les Nations Unies en
1975. En 2022, lorsque j’ai écrit la première version de cet article, le thème était
#BriserLesPréjugés. En 2026, le thème est #DonnerPourRecevoir.
« C’est une journée mondiale qui vise à souligner les réalisations sociales,
économiques, culturelles et politiques des femmes et des filles. C’est également
l’occasion de souligner les progrès réalisés en vue d’atteindre l’égalité entre les genres
et le travail qu’il reste à accomplir », indique le site Web du gouvernement du Canada
consacré aux femmes et à l’égalité des genres.
L’égalité… un mot qui a tant de pouvoir. Au cours de mes années de formation, dans
les années 1980 et 1990, j’ai été élevée dans la conviction que les femmes étaient
égales aux hommes. Je n’ai jamais remis cela en question. Mes parents me l’ont dit. Je
l’ai cru. Les enseignants de mon école pour filles me l’ont dit. Je l’ai cru. Mes amies
vivaient toutes selon ce principe et y croyaient. Nous allions mener une vie où les
femmes auraient leur place.
Puis, en 1988, j’ai appris que j’avais été trompée toute ma vie par un message qui
n’était pas complet. Un message qui ressemblait à un tronc d’arbre malade pour lequel
il est nécessaire de prendre une décision : l’abattre ou le soigner et le nourrir qu’il se
rétablisse. Les résultats pouvaient aller dans les deux sens.
Lorsque je me suis enrôlée dans la marine de la Nouvelle-Zélande à 17 ans, deux filles
ont été retenues lors des tests régionaux et des entrevues. Moi-même et une autre fille
dans une salle où se trouvaient peut-être 15 hommes, également en lice pour des
postes dans les forces navales. Je ne me souviens plus du nom de l’autre fille, je
l’appellerai donc Kaha. C’est le mot maori qui signifie « force » et « persévérance ».
Nous avons passé les heures de dîner et les pauses ensemble pendant les semaines
de sélection préliminaire. Je lui ai dit que je postulais pour un poste dans la division des
communications. Elle m’a dit qu’elle postulait pour un poste d’hydrographe. Je l’ai
regardée avec de grands yeux, ai pris une respiration et lui ai fait remarquer qu’il
s’agissait d’un poste à bord d’un navire. Je lui ai demandé si elle voulait vraiment faire
partie de la marine. À quel point voulait-elle vraiment s’enrôler dans la marine, en
choisissant un métier qui n’était pas accessible aux femmes? Elle m’a répondu par un
simple sourire. Elle comprenait ce que je voulais dire, car elle avait déjà essuyé trois
refus. Trois processus de sélection. Trois enrôlements, pour être finalement écartée à la
dernière étape parce qu’elle était une femme. Elle était déterminée à atteindre son
objectif, alors elle tentait sa chance pour la quatrième fois. À cette époque, les femmes
n’étaient pas autorisées à servir à bord des navires de la marine néo-zélandaise, mais
« un jour viendra… », m’avait-elle dit.
J’étais tellement déterminée à être une « femme de carrière » que j’ai choisi une voie
professionnelle dans les limites de ce qu’on m’avait dit que j’étais « autorisée » à choisir
en tant que fille. Je n’ai jamais songé à postuler pour un emploi en dehors de ce cadre.
J’ai choisi une option qu’on m’« offrait » dans la boîte parce que c’était un « privilège ».
Kaha a choisi de sortir de cette boîte, d’ignorer les paramètres du patriarcat et de
s’affirmer comme une véritable égale. Elle voulait montrer qu’elle pouvait tout faire, que
les femmes pouvaient tout faire, même en dehors des limites imposées.
J’ai perdu contact avec elle après ce moment. J’ai été acceptée dans la marine et nos
chemins se sont séparés. Cependant, son message a influencé ma vie et continue de le
faire quarante ans plus tard.
Je l’ai croisée quelques années plus tard, dans la période où je poursuivais mes études
en médias. C’était au centre commercial de notre ville natale et j’étais accompagnée de
ma fille dans sa poussette. Kaha était en permission à terre et rendait visite à sa famille.
J’étais tellement fière de savoir qu’elle était l’une des premières femmes en Nouvelle-
Zélande à avoir été acceptée dans le domaine professionnel de son « choix » et à avoir
été « autorisée » à servir à bord d’un navire. C’est lors de cette quatrième tentative, de
ce quatrième enrôlement, de cette quatrième course vers la ligne d’arrivée qu’elle a
finalement réussi. Nous avons discuté de nos vies et de la façon dont nos chemins
s’étaient croisés et séparés. Nous avons plaisanté sur le fait qu’une chose aussi
naturelle et simple que l’hygiène féminine avait bouleversé une institution masculine
conservatrice en raison de la présence des femmes à bord du navire. Elle a ouvert la
porte qui nous avait enfermées pendant si longtemps.
Elle a repoussé les limites traditionnelles et ouvert la voie à l’égalité des femmes dans
un secteur dominé par les hommes. Elle comprenait mieux que moi à l’époque que les
femmes pouvaient vraiment tout faire. Ma naïveté a été brisée lorsque j’ai réalisé que,
même dans la société occidentale, jusqu’au début des années 1990, alors qu’on disait
aux femmes qu’elles pouvaient tout faire, on leur disait en réalité qu’elles pouvaient tout
faire parmi les « choix » que leur offraient la société et les institutions traditionnelles.
Heureusement, les idéaux et les valeurs qui sous-tendent les capacités et la
contribution des femmes se sont renforcés et sont devenus les fondements de notre
société et de nos communautés aujourd’hui. Les barrières tombent, les préjugés sont
brisés et de nombreux paramètres ont été supprimés. Ces boîtes ornées de boucles et
de rubans ont été ouvertes afin que les jeunes femmes puissent réellement avoir le
choix et des droits égaux. Il reste encore du travail à accomplir, c’est-à-dire des efforts
que les femmes peuvent fournir pour que d’autres puissent en bénéficier. C’est ce que
la Journée internationale des femmes signifie pour moi.
Rejoignez-nous au mess des subalternes, à la BFC Shilo, à 10 h le 6 mars, pour célébrer la Journée internationale de la femme avec un café-rencontre et une discussion animée qui vous permettra d’entendre les récits de nos consœurs de la CFA et de découvrir comment elles #GivetoGain


