Une robe rouge, cousue à la main par Andrea Bourgeault, coprésidente civile du Groupe consultatif autochtone de la BFC Shilo, est accrochée au tipi situé à l’extérieur du quartier général de la base, en signe de commémoration des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées (MMIWG2S+), à l’occasion du 5 mai, Journée nationale de sensibilisation aux femmes et filles autochtones disparues et assassinées. (Photo : K-J Millar/Shilo Stag News)
K-J Millar
Shilo Stag Media
Les robes rouges sont une marque de souvenir et un appel à la justice en hommage
aux femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées
(FF2SADA), comme on l’a souligné à la BFC Shilo, le 5 mai.
Plus de 80 personnes se sont rassemblées autour du tipi symbolique, au bâtiment du
quartier général, pour des cérémonies du souvenir tenues en aprèsmidi lors de la
Journée nationale de sensibilisation à la situation des femmes et des filles autochtones
disparues et assassinées, qui a lieu tous les ans.
Au Canada, les femmes, filles et personnes autochtones membres de la communauté
2ELGBTQQIA font face à un nombre disproportionné d’actes de violence qui les visent.
Les femmes autochtones comptent pour moins de cinq pour cent de la population
canadienne, mais elles sont victimes de 24 pour cent des homicides de femmes.
Andrea Bourgeault, coprésidente civile du Groupe consultatif des Autochtones de la
Défense (GCAD) de la base de Shilo, s’est adressée à la foule pour lui faire connaître le
contexte selon lequel le pays devrait marquer une pause pour reconnaître les
FF2SADA+ et lui faire savoir pourquoi ces questions sont importantes.
« Reconnaître les FF2SADA+, c’est rendre hommage à des personnes qui sont
disparues ou enlevées, et cela renforce notre compréhension collective. Cela nous
demande d’écouter avec respect, d’apprendre de la voix d’Autochtones, et d’assumer
nos responsabilités lorsqu’il s’agit de favoriser la protection, la dignité et l’inclusion. »
Elle a expliqué qu’avant le contact avec les colons, les femmes, filles et personnes
bispirituelles autochtones étaient respectées et occupaient des fonctions vitales au sein
de leurs Nations.
« Elles étaient des chefs, des soignantes, des enseignantes, des guérisseuses et des
gardiennes du savoir. Dans bien des communautés, elles étaient au centre des prises
de décisions, de la structure familiale et des soins apportés à la terre. La santé de la
communauté était étroitement liée au bienêtre des femmes. »
« Au fil du temps, la colonisation a perturbé ces relations. Des lois et systèmes externes
ont diminué le statut des femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones et ont
affaibli les protections qui existaient autrefois. Le fait de comprendre l’histoire aide à
expliquer les conditions qui contribuent à la crise vécue aujourd’hui par
les FF2SADA+ », atelle ajouté.
La Journée de la robe rouge a été soulignée depuis sa création en 2010 par l’artiste
métisse Jaime Black lorsqu’elle a exposé des robes rouges à Winnipeg pour que les
vêtements vides soient un symbole puissant du deuil, de l’absence et de l’injustice. Des
robes rouges sont suspendues à des endroits importants sur le plan visuel pour attirer
l’attention sur l’augmentation des cas de violence et de sévices que subissent les
femmes autochtones.
« Les femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones ont toujours été
essentielles pour leurs Nations et pour la résilience de leurs communautés. En
reconnaissant l’histoire et en agissant avec précaution et respect à l’égard de nos rôles,
nous contribuons à un avenir plus sécuritaire et inclusif pour tous », a souligné
Mme Bourgeault.
Le sergent-major régimentaire, l’adjudant-chef Eric LeClair, Andrea Bourgeault, coprésidente civile du DIAG, et le major Melissa Marshall, chef d’état-major de la BFC Shilo, ont présidé les cérémonies de la Journée de la robe rouge devant le quartier général de la base le 5 mai, Journée nationale de sensibilisation aux femmes autochtones disparues et assassinées. « La Journée de la robe rouge est une question de respect ; c’est aussi une question de sensibilisation et d’action. Elle nous invite à écouter avec ouverture d’esprit, à apprendre avec humilité et à reconnaître les torts causés par la violence, la discrimination et l’indifférence. Elle nous met au défi de réfléchir à la manière dont nos actions quotidiennes et notre leadership peuvent contribuer à la sécurité, à la dignité et à l’inclusion. Ici, sur la base, nous nous engageons à être un lieu de travail au sein de la communauté où le respect est fondamental et où chaque personne est traitée avec dignité. Nous nous engageons à soutenir les voix autochtones, à honorer les cultures autochtones et à veiller à ce que nos actions reflètent les valeurs que nous attendons de nous-mêmes en tant qu’équipe de défense », a déclaré le major Marshall.
(Photo : K-J Millar/Shilo Stag News)


