2Lt Jerome Downey
Spécial Stag
La veille du jour du Souvenir, en 2021, alors que j’étais sur les traces du bataillon de construction numéro 2 dans le Jura, en France, j’ai vécu une expérience surréaliste.
Je suis tombé sur une photographie de mon arrière-grand-père, le soldat George A. Downey, sur un mur de la mairie de Supt.
Le 2e Bataillon de construction a été créé à Pictou, en Nouvelle-Écosse, le 5 juillet 1916, en tant qu’unité ségréguée et non combattante. Pendant la Grande Guerre, les préjugés systémiques empêchaient les Noirs de servir dans la plupart des unités militaires canadiennes. Le Bataillon de construction numéro 2 a été conçu pour absorber ceux qui persistaient, ainsi que ceux qui, plus tard, ont été conscrits pour participer à l’effort militaire.
Les hommes du bataillon ont servi au Canada et en Europe, principalement dans la région du Jura en France, avant de retourner dans une nation qui a rapidement effacé leur mémoire du récit historique, même lorsque d’autres unités étaient célébrées et commémorées.
Mon arrière-grand-père a servi dans le bataillon de construction numéro 2 et la garde des anciens combattants pendant la Seconde Guerre mondiale. J’ai rejoint la Réserve de l’Armée canadienne en 2018 en tant qu’officier d’infanterie au sein des Princess Louise Fusiliers de Halifax.
L’une des principales raisons pour lesquelles je me suis engagé était d’honorer la mémoire du service de mon arrière-grand-père. J’ai eu la chance d’avoir des opportunités incroyables en tant que Canadien et je voulais donner en retour.
Le fait que mon arrière-grand-père n’ait pas eu la possibilité de servir dans un rôle de combat pour lequel aujourd’hui, en tant qu’officier, je m’entraîne à diriger, ne m’échappe pas.
C’est pourquoi j’ai été fier de me voir confier un rôle de planification lorsque l’Armée canadienne a répondu à l’appel du gouvernement du Canada pour soutenir un programme communautaire visant à présenter des excuses pour le racisme dont les Noirs ont été victimes de la part de l’institution militaire canadienne pendant la Première Guerre mondiale.
Dans le cadre de mon travail, je me suis rendu dans la région du Jura avec mon commandant, le Lcol Barry Pitcher, et j’ai participé à une cérémonie commémorative en l’honneur du numéro 2. Construction Battalion.
Nous avons visité le cimetière du Commonwealth à Supt, où reposent les membres tombés au combat du 2e Bataillon de construction et du Corps forestier canadien. Nous avons également rendu hommage à un monument commémorant le 2e Bataillon de construction.
Nous avons visité le site original où les membres du 2e Bataillon de construction étaient stationnés au cœur de la foresterie européenne. Le maire de Supt a ensuite organisé une réception à l’hôtel de ville. Cela explique comment je suis tombé par hasard sur la photographie de mon arrière-grand-père à Supt.
Ce pèlerinage nous a permis de constater de visu les contributions et l’importance internationale de la construction numéro 2.
En voyant le monument et en entrant en contact avec la communauté, nous avons mieux compris comment cette unité majoritairement noire a eu un impact après s’être battue pour avoir le droit de servir.
Ils ont servi avant l’ère du mouvement pour les droits civiques et ont été traités comme des citoyens de seconde zone. Malgré cette réalité, le bataillon de construction no 2 a servi le Canada honorablement. Ses membres ont fait une différence au pays et à l’étranger.
Ils sont honorés à l’étranger. Je suis fier qu’ils reçoivent maintenant un honneur digne de ce nom au pays, et que je joue un rôle à cet égard.
Le 2Lt Jerome Downey pose à côté d’une photo de son arrière-grand-père, le soldat George A. Downey, et de son parent James Downey, à l’hôtel de ville de Supt, en France. Photo LCol Barry Pitcher


