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La marche « Light the Way » encourage la sensibilisation à la prévention du suicide

5 septembre 2025

Cpl Maxime Proulx at 2018 Ex Heavy Loader Competition

Ginger Lamoureux, responsable de la promotion de la santé, présente les informations relatives à la promotion de la santé disponibles le 5 septembre dans l’aire de restauration CANEX. (Photo: K-J Millar/Shilo Stag News)

K-J Millar
Shilo Stag Media

Les FAC éclairent le chemin dans l’obscurité

Mise en garde : Contenu à caractère sensible. Le présent article contient des
statistiques et des renseignements détaillés sur le suicide.

Le 10 septembre marque la 5 e  édition annuelle de la marche pour la prévention du
suicide à la Base des Forces canadiennes (BFC) Shilo, en soutien à la campagne
« Éclairer le chemin dans l’obscurité ».

« L’évènement Éclairer le chemin débutera à 8 h 30 dans le stationnement sud-est du
Centre de ressources pour les familles des militaires (CRFM). Joignez-vous à nous
pour une courte marche, de petites collations et des rafraîchissements, tout en rendant
hommage à ceux qui ont été touchés par le suicide, » annonce madame Ginger
Lamoureux, gestionnaire de la Promotion de la santé

Nous invitons tout le monde à allumer la lumière de sa porte d’entrée ou de son porche
à 20 h afin de manifester sa solidarité et de montrer qu’il y a toujours une lumière au
bout du tunnel pour ceux qui ont besoin de soutien.

La marche de 2025 fait suite au rapport du médecin général publié en février dernier,
qui mettait en évidence les 17 décès par suicide de membres des Forces armées
canadiennes (FAC) en 2023.

« Chaque décès par suicide constitue une tragédie. La prévention du suicide est un
aspect important de la santé publique et une des grandes priorités des Forces armées
canadiennes (FAC). », indique le rapport.

Le Rapport de 2024 sur la mortalité par suicide dans les FAC, rédigé par M. David
Boulos, de la Direction de la santé mentale, rassemble les données statistiques des
membres de la Force régulière de 1995 à 2023.

« Afin de mieux comprendre le suicide au sein des FAC et de parfaire les efforts
continus en matière de prévention, les Services de santé des Forces canadiennes
effectuent chaque année des analyses pour examiner les taux de suicide et la relation
entre le suicide, le déploiement et d’autres facteurs de risque de suicide. »

Parmi les 17 décès par suicide enregistrés en 2023, 15 étaient des hommes de la Force
régulière et deux étaient des femmes de la Force régulière. En outre, on a enregistré
quatre décès parmi les réservistes.

« Chaque décès par suicide représente une perte de trop, a déclaré Mme  Lamoureux. Il
est important de tirer des leçons du travail qui a été accompli après chacun de ces
suicides, c’est-à-dire, comment avons-nous soutenu les militaires, les familles, les
unités et les collègues touchés par le suicide d’un des leurs? Il faut réfléchir,
notamment, à ce que nous pouvons faire différemment. Il est important de reconnaître
que, dans certains cas, agir autrement n’aurait rien changé. »

Les données de M. Boulos révèlent que les taux de suicide ont suivi une tendance
généralement constante pendant les treize années précédant le rapport (2010-2023),
avec des taux plus élevés chez les hommes de moins de 45 ans, notamment les
militaires du rang subalternes et du groupe professionnel militaire des armes de
combat. Les chiffres de 2023 indiquent que cinq décès sont survenus au sein de
l’Armée, deux dans la Force aérienne, deux dans la Marine et huit dans d’autres
composantes, pour un total de 21 décès par suicide parmi les militaires.

« Nos cours sur la santé mentale et la sensibilisation au suicide, la gestion du stress et
la gestion des accès de colère abordent tout particulièrement la probabilité que les
hommes âgés de 18 à 25 ans soient plus impulsifs et imprudents, a déclaré
Mme  Lamoureux.

Cette approche est logique et elle s’aligne avec le rapport, qui indique que les militaires
les plus jeunes sont les plus vulnérables face au suicide. »
Mme  Lamoureux précise que les cours proposés par le Centre des Services de santé des
Forces canadiennes de Shilo offrent des ressources.

« Nous abordons les mesures à prendre pour gérer sa santé mentale, en veillant à
disposer d’un réseau de soutien et à l’utiliser. »

« Parfois, les militaires ont un réseau de soutien, mais ils sont prisonniers d’un
processus de réflexion qui les empêche de demander de l’aide ou les dissuade de le
faire par crainte de paraître faibles ou inférieurs d’une manière ou d’une autre. »
Bien que les données indiquent un taux de mortalité par suicide plus élevé au sein des
FAC que chez les civils canadiens, elles montrent également qu’en 2023, 65 % des
militaires souffraient d’au moins un trouble mental et 94 % étaient confrontés à au
moins un facteur de stress lié à leur vie professionnelle ou personnelle. Les principaux
facteurs de stress au travail ou dans la vie privée étaient les problèmes de santé
physique (65 %), l’échec de relations conjugales/intimes (59 %) et les problèmes liés à
l’emploi, au superviseur ou au rendement au travail (59 %). En 2023, la méthode de
suicide la plus courante était la pendaison (59 %), suivie des armes à feu non militaires
(17 %).

« Compte tenu de la nature du travail effectué par les militaires, il existe une plus forte
probabilité de décès par suicide en raison de nombreux facteurs propres à l’armée,
notamment la séparation des familles pendant de longues périodes au cours des
déploiements et les traumatismes auxquels les militaires peuvent être exposés s’ils sont
déployés à l’étranger et qu’ils participent à des conflits armés. Le tout est logique. La
profession militaire est l’un des rares emplois où l’on demande à quelqu’un de risquer
sa vie ou éventuellement de prendre la vie d’autrui pour accomplir son travail. »

Pour toutes ces raisons, Mme  Lamoureux a précisé que les FAC font un effort pour offrir
un soutien et des cours de sensibilisation, ainsi qu’un soutien par les pairs grâce au
programme Sentinelle, avec des aumôniers dans chaque unité, pour permettre aux
militaires de s’exprimer librement.

« Nous souhaitons mobiliser les militaires afin de veiller à une bonne santé mentale. »
Selon le rapport, 59 % des décès survenus en 2023 concernaient des personnes ayant
déjà eu des idées suicidaires ou fait des tentatives de suicide.

La gestionnaire de la Promotion de la santé à Shilo a précisé qu’il est assez courant
que les personnes qui se sont suicidées aient présenté des caractéristiques
particulières ou aient eu des facteurs de risque associés qui auraient pu indiquer
qu’elles allaient mettre fin à leurs jours.

Elle a souligné qu’il est essentiel que les collègues, les membres de la famille et la
collectivité dans son ensemble soient conscients des facteurs de risque et des signes et
symptômes à surveiller.

« En réalité, le plus important est de bien connaître votre entourage : les membres de
votre famille, vos collègues, ou même vos supérieurs hiérarchiques et vos voisins, afin
de pouvoir reconnaître quand quelque chose ne va pas ou semble légèrement anormal.
Ensuite, vous pouvez discuter avec la personne et prendre le temps de lui demander si
elle va bien, si vous pouvez faire quoi que ce soit pour elle. »

Si vous êtes en situation de crise ou avez besoin d’aide, appelez la ligne d’urgence en
santé mentale au 988.