Trinity Rutledge, étudiante à l’Université de Winnipeg, recueille des échantillons de plantes. (Photo: Lori Truscott/CFB Shilo Public Affairs)
Lori Truscott
CFB Shilo, Public Affairs for Shilo Stag Media
La prairie, plus qu’un joli visage
Comment les insectes, les herbes, les fleurs et le sol dans lequel ils poussent interagissent-ils et
capturent-ils le carbone dans notre atmosphère? De grandes questions comme celle-ci nécessitent
de grandes études pour trouver la réponse, et la BFC Shilo joue un rôle à cet égard.
Chaque été canadien, des équipes de scientifiques profitent des quelques semaines de beau temps
pour collecter des données. Cet été, une vaste étude, intitulée Grassland Genomics for
Greenhouse Gas Mitigation (génomique des prairies pour l’atténuation des gaz à effet de serre),
et financée par Génome Canada et de nombreux autres organismes, a lieu en Saskatchewan et au
Manitoba. Plusieurs équipes de chercheurs se rendent au champ de tir et secteur d’entraînement
(CTSE) de la BFC Shilo pour recueillir des données en vue d’une étude plus approfondie.
Dirigée par M. Jon Bennett, Ph. D., de l’Université de la Saskatchewan et M. Sean Asselin, Ph.
D., d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, une équipe de l’université de Saskatchewan s’est
rendue du CTSE en juillet.
« Nous tentons de comprendre les avantages que procurent ces écosystèmes de prairies qui ne
sont pas évidents », a affirmé John-Paul Wasan, technicien de terrain à l’Université de la
Saskatchewan.
Parmi les avantages « cachés », citons les fleurs pour les pollinisateurs, la séquestration de
carbone, l’habitat faunique et un milieu tout à fait indiqué pour les micro-organismes bénéfiques
qui vivent dans le sol.
L’équipe de Shilo a procédé à l’échantillonnage d’insectes, de plantes et de sols. Les équipes se
sont concentrées sur le prélèvement d’échantillons de la dalée violette et du calamovilfa à
feuilles longues, mais ont aussi prélevé des échantillons de plantes d’un site voisin. Des
échantillons de sol ont été prélevés à chaque endroit particulier, puis, une fois au laboratoire,
l’ADN est extrait et séquencé afin d’identifier les insectes et les microbes.
L’objectif est de comprendre la génétique de ces interactions afin de pouvoir éventuellement
développer des cultivars. Les éleveurs et les exploitants agricoles pourraient alors planter et
cultiver ces plantes pour améliorer leurs prairies.
Cependant, il est de plus en plus difficile de trouver un habitat propice à l’étude. Les chercheurs
ont noté que la vaste zone de prairie non perturbée de Shilo est idéale pour eux, car elle est bien
gérée et abrite une grande biodiversité.
« Le fait que Shilo soit un si bon intendant de la terre offre de nombreuses possibilités de
recherche », a fait valoir M. Wasan.
Itaii Appelbaum, membre de l’équipe et étudiant au doctorat, partage cet avis. Originaire
d’Israël, M. Appelbaum était à la recherche d’un projet qui lui permettrait d’approfondir ses
études sur l’écologie des sols, et il fait actuellement son doctorat à l’Université de Saskatchewan.
Il a sauté sur la possibilité de participer à la réalisation d’une image holistique d’un écosystème.
« Il est rare pour nous de pouvoir recouper des données provenant d’autant d’aspects différents.
Nous avons gagné du temps (à Shilo) parce que nous n’avons pas à chercher les plantes que nous
voulons étudier. Elles sont toutes réunies au même endroit. »
M. Appelbaum a également découvert qu’il aimait la prairie, bien qu’il soit arrivé en
Saskatchewan en janvier.
Le CTSE de la BFC Shilo fait l’objet de nombreuses études biologiques depuis des décennies.
Les équipes de recherche de plusieurs universités de l’Ouest canadien étudient les plantes et les
animaux qui y vivent. Il s’agit d’une vaste zone de prairie vierge qui abrite de nombreux
insectes, oiseaux, animaux et plantes dont l’habitat est détruit ailleurs.
Messieurs Wasan et Appelbaum reconnaissent tous deux le mérite de la BFC Shilo et, en
particulier, de l’équipe de l’environnement de la base pour la gestion des terres.
« L’engagement de protéger la zone naturelle est impressionnant », remarque M. Appelbaum.
Une équipe d’étudiants en recherche commence à prélever un échantillon de sol au CTSE de la
BFC Shilo en vue d’une étude plus approfondie sur la manière dont les plantes, le sol et les
insectes interagissent pour stocker le carbone dans le sol. (Photo: Lori Truscott/CFB Shilo Public Affairs)
Itaii Appelbaum, étudiant au doctorat à l’université de la Saskatchewan, prépare des échantillons
de sol en vue d’une étude plus approfondie. C’est dans les couches supérieures du sol que
s’effectue la majeure partie du piégeage du carbone. (Photo: Lori Truscott/CFB Shilo Public Affairs)


