Un système de roquettes d’artillerie à haute mobilité (HIMARS) est tiré dans la zone d’entraînement du 5e Groupe de soutien de la Division canadienne de Gagetown (5e GSDC), à Oromocto, au Nouveau-Brunswick, le 12 juin 2017. Photo : Combat Camera, Haley Voutour, École de tactique, 5e Groupe de soutien de la Division canadienne de Gagetown.
K-J Millar
Shilo Stag Media
Le Canada conclut une entente de 2,6 milliards de dollars pour faire l’acquisition de systèmes HIMARS dans le cadre de la modernisation de l’Armée
Le 2 juin, le gouvernement du Canada a annoncé qu’il a conclu une entente intergouvernementale de 2,6 milliards de dollars canadiens dans le cadre du
programme de ventes militaires étrangères (Foreign Military Sales – FMS) des États-Unis pour faire l’acquisition de 26 systèmes de roquettes d’artillerie à grande mobilité
(HIMARS).
« Les Forces armées canadiennes doivent disposer des capacités nécessaires pour répondre aux menaces d’aujourd’hui et relever les défis de demain. L’acquisition de
missiles à longue portée est une étape essentielle pour soutenir nos forces armées afin qu’elles soient préparées et outillées pour protéger la population du Canada et soutenir
nos alliés et nos partenaires en cas de besoin », a déclaré M. David McGuinty, ministre de la Défense.
L’entente conclue en janvier 2026 prévoit l’acquisition d’un stock opérationnel préliminaire de munitions et de pièces de rechange ainsi que la formation et les
services de soutien. Les livraisons devraient débuter en 2029.
Le coût total des achats faits dans le cadre du projet de frappe de précision à longue portée (terre) [FPLP(T)], qui comprend les coûts relatifs à la gestion du projet, à
l’infrastructure, aux contrats et aux imprévus, est estimé à 2,6 milliards de dollars canadiens.
D’après les informations qu’a reçues le Shilo Stag, ce projet n’aura aucune incidence sur les activités à la BFC Shilo.
« Il faudra quelques années avant que ces nouveaux systèmes n’arrivent, ce qui nous laisse le temps de mener une nouvelle formation avec l’aide d’experts et de mettre en
place les programmes de formation nécessaires pour générer cette nouvelle capacité opérationnelle. »
Dans un communiqué de presse, le gouvernement du Canada explique que, alors que les défis en matière de sécurité mondiale continuent d’évoluer, il réalise des
investissements afin de doter les Forces armées canadiennes des capacités nécessaires pour protéger la population canadienne et contribuer à la sécurité
internationale.
« Le projet FPLP(T) a été lancé en vertu de la politique de défense du Canada de 2024,Notre Nord, fort et libre, afin d’acquérir des missiles à longue portée perfectionnés. »
Le ministre de la Transformation du gouvernement, des Travaux publics et de l’Approvisionnement, Joël Lightbound, a déclaré que, dans un contexte où la situation
en matière de sécurité évolue rapidement, on ne peut rester les bras croisés.
« Le projet de frappe de précision à longue portée (terre) donnera aux Forces armées canadiennes la capacité d’engager des cibles à une grande distance et d’agir plus
efficacement aux côtés de nos alliés les plus proches, tout en répondant aux menaces émergentes. Et grâce à notre Politique des retombées industrielles et technologiques,
nous transformons cet investissement en emplois bien rémunérés au Canada, nous soutenons les travailleurs et nous créons des possibilités pour l’industrie partout au
pays. »
Le gouvernement du Canada a déclaré que, conformément aux obligations découlant de la Politique des retombées industrielles et technologiques du Canada,
Lockheed Martin Missiles and Fire Control entreprendra des activités commerciales importantes et réalisera des investissements dans l’industrie canadienne pour soutenir
la croissance du secteur de la défense du Canada.
« Lockheed Martin prévoit d’intégrer des entreprises canadiennes à ses chaînes d’approvisionnement mondiales, d’investir dans la recherche et le développement au
Canada, et de soutenir le développement des petites et moyennes entreprises. »
Dans le communiqué de presse, il est écrit : « À l’issue d’un rigoureux processus d’évaluation, il a été déterminé que le HIMARS est la solution qui répond le mieux aux
exigences opérationnelles et techniques du Canada. »
« À l’heure actuelle, aucun fabricant canadien ne produit ce système ni les missiles à longue portée connexes. Les HIMARS ne sont pas disponibles sur le marché et
peuvent seulement être achetés par l’entremise du programme FMS des États-Unis. »
Cet investissement améliorera la capacité du Canada à défendre son territoire, à contribuer à la défense continentale et à soutenir les opérations aux côtés de ses alliés
et de ses partenaires.
Selon le lieutenant-général Michael Wright, commandant de l’Armée canadienne, l’acquisition du système de roquettes marque une étape importante dans la
modernisation de l’Armée canadienne.
« Les systèmes de roquettes d’artillerie à grande mobilité conféreront à l’Armée de terre une capacité de frappe de précision à longue portée mobile pouvant être déployée
partout au Canada, y compris dans l’Arctique, ainsi qu’à l’étranger à l’aide des aéronefs existants de l’Aviation royale canadienne. Une fois intégrée à d’autres capacités
modernes, comme les systèmes d’artillerie automoteurs, les capteurs et les systèmes de commandement et de contrôle, elle renforcera la capacité du Canada à dissuader
l’agression, à protéger notre souveraineté et à assurer la sécurité des Canadiens et des Canadiennes. »
Le processus d’avis adressé au Congrès relatif à cette acquisition s’est achevé à l’automne 2025. Les systèmes de lancement seront jumelés à des munitions à longue
portée pouvant engager avec précision des cibles à des distances supérieures à 300 kilomètres, ce qui révolutionnera la façon dont l’Armée canadienne mène ses
opérations et appuie les forces interarmées dans les futures missions. De plus, ils ont été conçus de façon à pouvoir ultérieurement intégrer des capacités de missiles
antinavires terrestres afin de soutenir la défense des côtes canadiennes, y compris dans l’Arctique.
Faits en bref
Le projet FPLP(T) appuie l’engagement du Canada à atteindre les objectifs de
dépenses de défense de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.
Le programme FMS des États-Unis permet aux alliés et aux partenaires étrangers des
États-Unis d’acquérir des articles, des services et des formations de défense au moyen
d’ententes intergouvernementales. Le Département d’État des États-Unis supervise le
programme alors que le Département de la guerre en assure la gestion et l’exécution.
Le coût total d’acquisition pour le projet FPLP(T), qui comprend les coûts relatifs à la
gestion du projet, à l’infrastructure, aux contrats et aux imprévus, est estimé à
2,6 milliards de dollars canadiens.
L’acquisition faite dans le cadre du programme FMS couvre l’achat d’équipement et de
certains éléments de soutien en service (SES) à court terme. La solution de SES à long
terme sera acquise séparément.
La Politique des retombées industrielles et technologiques du Canada s’applique au
projet de FPLP(T). Suivant cette politique, Lockheed Martin Missiles and Fire Control
est tenue de mener des activités commerciales et de réaliser des investissements dans
l’économie canadienne équivalant à la valeur de ses activités liées à la vente de
matériel militaire à l’étranger.


